dimanche 9 février 2014

"Tentation" ? A propos de la nouvelle traduction catholique romaine du Notre Père


(Hans-Christoph Askani)
Les interventions tant explicatives que contestataires se multiplient autour de la nouvelle traduction officielle liturgique de la Bible de l’Église catholique romaine, parue en novembre 2013. La prière « Notre Père » y est modifiée. Cela au détriment du texte œcuménique adopté en 1966 dans les pays francophones. La révision de la sixième demande est au cœur du débat : « Et ne nous soumets pas à la tentation » devient « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Un article fort intéressant est paru à ce sujet. Il s’agit d’un texte de Hans-Christoph Askani, professeur de la théologie systématique à la faculté de théologie de l’université de Genève :  "Une tentation demi-écrémée. A propos de la nouvelle traduction du Notre Père". C’est un texte provisoire dont la version définitive sera publiée dans la revue Etudes théologiques et religieuse (ETR) cette année. Il montre, à notre avis, de manière juste et approfondie les enjeux autour de cette nouvelle traduction.
Vous en trouverez ci-dessous deux compte-rendus : le premier, par Julie, résume les enjeux d'une manière qui essaie d'être synthétique ; le second, de Hyonou, entre un peu plus dans les détails. Vous pouvez trouver l’article provisoire dans son intégralité en cliquant ICI (sous la rubrique « Publications récentes »). N’hésitez surtout pas à le lire ; nous ne pouvons jamais trop recommander ce théologien !


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Résumé (synthétique)

A l'origine de cette traduction révisée du Notre-Père, une prise de position : si Dieu est bon, alors il ne peut pas vouloir nous induire en tentation. C'est pourquoi le texte proposé dans la nouvelle Bible liturgique catholique romaine est passé de "Ne nous soumets pas à la tentation" à "Ne nous laisse pas entrer en tentation", une formulation qui laisse la responsabilité finale d'entrer ou non en tentation à la personne qui prie et non à Dieu. 

La question de la traduction

Le premier problème posé par cette révision est un problème de taille : il s'agit bien de traduire le texte grec, en y restant aussi fidèle que possible. Or, le grec de l'évangile de Matthieu est sans ambiguïté : "Ne nous soumets pas à la tentation" et il n'y a pas moyen, de quelque manière qu'on s'y prenne, de traduire "Ne nous laisse pas entrer en tentation". C'est tout simplement impossible.

Par quel tour de passe-passe parvient-on donc à justifier cette traduction ? On part du raisonnement suivant : Jésus, selon toute vraisemblance, ne parlait pas grec, mais plutôt hébreu ou araméen. Il n'a donc jamais dit le Notre-Père dans les mots rapportés par l'Evangile de Matthieu, mais un équivalent en araméen. L'idée est donc d'effectuer ce qu'on appelle, en exégèse, une rétroversion : c'est-à-dire qu'on propose, à partir du grec, une hypothèse de ce qu'aurait pu être l'original araméen. C'est par ce biais qu'on arrive à la nouvelle traduction, en reconstituant un texte araméen qui dirait quelque chose comme "Ne nous laisse pas entrer en tentation." 

Le gros problème est le suivant : au lieu de se baser sur le seul texte dont on dispose - le grec de l'évangile de Matthieu - on fait une hypothèse de reconstitution (avec toutes les précautions et la marge d'erreur que cela suppose) à laquelle on décide d'accorder plus de valeur qu'à l'unique texte original, le texte grec !

Cela pose évidemment une question fondamentale : quel statut accordons-nous au texte biblique ? Sommes-nous prêts à nous laisser bousculer par un texte qui nous dérange, ou bien tentons-nous par tous les moyens de faire coller le texte à nos idées préconçues ?

La question théologique

L'intention de dégager Dieu de toute responsabilité dans la tentation, dans laquelle l'être humain pourrait ou non choisir librement d'entrer, peut paraître louable. Cependant, est-ce que cette intention traduit une juste compréhension de la tentation ? S'agit-il ici des tentations morales de la vie quotidienne (manger encore un carré de chocolat, tromper son conjoint) ou d'une tentation plus fondamentale qui est constitutive de la relation à Dieu ? Une tentation qui, comme le montrent par exemple les récits bibliques de la tentation de Jésus au désert ou de sa prière au mont des Oliviers, serait la tentation de vouloir définir soi-même l'identité de Dieu, sa volonté ou sa relation avec lui ? 

Dans ce cas, cette nouvelle traduction, en voulant "protéger" Dieu d'un rôle de tentateur, céderait précisément à cette tentation : celle de vouloir maîtriser l'image de Dieu en en effaçant les zones d'ombres qui nous déplaisent.


Julie
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Compte-rendu (un peu plus détaillé)

Selon l’auteur, l’idée principale sous-jacente à la révision de la 6e demande du Notre Père est la suivante : des tentations existent, mais Dieu ne peut être leur auteur. La nouvelle traduction veut montrer un « Dieu beaucoup moins “malveillant” […] moins actif dans les affaires de la tentation » (p. 1-2).
L’auteur examine la légitimité de cette révision à travers les enjeux philologique, œcuménique et théologique (l’a. met de côté les enjeux poétique et liturgique dans cet article).

Aspect philologique
L’a. explique la situation textuelle : le texte du Nouveau Testament écrit en grec peut être repensé à partir de l’araméen et/ou de l’hébreu, car Jésus a dû parler et prier en ces langues sémitiques. Il expose également les méthodes dont on dispose pour mener cet examen philologique pour les textes bibliques. 
Les données sont pourtant claires : « La majorité écrasante des occurrences du mot [ndlr : celui qui est traduit en français comme « soumettre » ou « laisser entrer »] a le sens causatif : apporter, faire entrer » (p. 3). La conclusion, de manière ironique mais tout à fait juste, est pour le moins surprenant : « […] si la nouvelle traduction est juste, alors le texte biblique est fautif. Les évangélistes Matthieu et Luc se sont trompés ! […] en traduisant maladroitement une hypothèse de traducteurs. Car […] le texte dans la forme présupposée [ndlr : la nouvelle traduction du mot] en hébreu n’existe pas. C’est le coup de génie dont j’ai parlé : on a inventé (ou construit) un nouveau texte original » (p. 4). 

Aspect œcuménique
En retraçant l’origine et le processus de la nouvelle traduction, l’a. fait comprendre qu’il s’agit d’une initiative dont la perspective et l’horizon sont de l’Église catholique romaine. Il souligne la légitimité de cette entreprise en notant que cela reflète la situation œcuménique actuelle où on constate un certain tassement de l’enthousiasme après Vatican II.
L’a. n’oublie pas de saluer l’Église catholique, « soucieuse […] de ne pas mettre les frères et sœurs des autres confessions devant un fait accompli », qui a sollicité l’avis, respectivement auprès de la Fédération protestante de France (FPF) en 2010 et de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) en 2011. Concernant la question œcuménique, la critique de l’a. se dirige vers sa tradition : «  […] en France par exemple une consultation des Églises protestantes n’a pas eu lieu ; en Suisse, les facultés de théologie n’ont jamais été consultées ; [la FPF et la FEPS] signalaient cependant que l’on ne voyait pas de problèmes majeurs dans la nouvelle version » (p. 5). Cette attitude pose un grave problème pour l’a., car elle fait surgir des questions qui bouleversent « l’image que normalement les protestants se font d’eux-mêmes » (ibid.).
L’a. prend comme un des exemples symptomatiques la question du sola scriptura (« Écriture seule », une des idées fondamentales de la Réforme au 16e siècle) : « […] la question du rapport à l’Écriture n’est pas une question formelle, elle est la question : sommes-nous prêts à nous laisser dire quelque chose par le texte biblique, même si cela ne nous arrange pas ? Sommes-nous prêts à nous laisser bouleverser, réorienter – au plus profond – renouveler par la parole de Dieu, ou est-ce que c’est nous-mêmes qui sommes le critère de ce que le texte biblique a à dire (et a le droit de dire) ou non. C’est au fond cette question qui est l’enjeu du débat actuel autour du Notre Père » (p. 5, n. 6). L’a. passe sans attendre à la question la plus importante.

Aspect théologique
Selon l’a., au cœur de la problématique concernant la nouvelle traduction de la 6e demande du Notre Père se trouve un grand malentendu sur la signification de la tentation dans cette prière. Il ne s’agit pas ici de tentations « mondaines » ou morales (jeux vidéo, pédophilie, exploitation de la terre, recherche du profit, etc.) mais d’une « tentation beaucoup plus sérieuse […], la tentation […] que nous courons avec notre foi ; un risque, un pari, un excès auxquels nous sommes confrontés si nous croyons en Dieu – et seulement de cette manière-là. La tentation “Dieu”, pour le dire en un mot » (p. 6).
Car la vie chrétienne ne se réduit pas à un comportement moral ; elle est de bout en bout un chemin pour la découverte de Dieu où non seulement « le vrai défi mais aussi le vrai abîme de la foi entrent en jeu » (ibid.). Défi, car avec la foi, l’homme s’ex-pose – c’est-à-dire qu’il risque de sortir de lui-même pour un déplacement existentiel – à la rencontre avec Dieu. Mais aussi, abîme, car celui qui croit  ne connaît pas seulement la joie de vivre avec Dieu, mais « aussi – et plus profondément que celui qui ignore cette dimension – le doute, le désespoir, le néant, l’angoisse, l’illusion, la fausse consolation, l’orgueil, la confusion de l’homme avec Dieu » (ibid.). La foi et la tentation sont indissociables ; plus la foi devient sérieuse, plus la tentation le devient aussi.
Selon l’a., la nouvelle traduction du Notre Père correspond au projet de l’homme moderne qui veut « à tout prix chasser tout l’ombre d’une expérience de Dieu » dans la perspective de mettre toute réalité dans sa maîtrise ; le plus grand souci de l’homme moderne est « de protéger non seulement l’homme contre les tentations, mais Dieu aussi et Dieu surtout ! Qu’il n'ait rien à faire avec les tentations ! Qu’il soit disculpé ! Qu’il se contente de se tenir devant la porte qui conduit à une zone dangereuse ! Qu’il occupe dans le sens littéral du mot – une place marginale » (p. 7).
(Jérôme Bosch, "Tentation de St Antoine")
L’a. illustre ces propos en examinant deux textes bibliques : récit de la tentation de Jésus dans le désert (Mt 4,1-11) et celui de Gethsémani (Mc 14,32-42 et parallèles). Il montre que ce qui est en jeu dans ces récits est le rapport de Jésus avec Dieu. Face au désespoir de sa condition humaine ou de son destin, Jésus choisit d’accepter que Dieu soit son Dieu.

L’a. propose de comprendre la 6e demande du Notre Père à la lumière de ces tentations que Jésus a vécues : « non pas que la tentation nous soit épargnée, mais que Dieu dans la tentation continue à être notre Dieu ! Et non seulement un Dieu lointain, mais le Dieu auquel nous pouvons nous adresser ; avec lequel nous pouvons parler parce que Jésus nous a appris qu’il nous écoute » (p. 9).


Hyonou



Résumé et compte-rendu de l'article provisoire de Hans-Christoph Askani, "Une tentation demi-écrémée. A propos de la nouvelle traduction du Notre Père", ETR, 2014 (à paraître).

mardi 28 janvier 2014

En haut de l'arbre, Zachée et un touriste coréen...


(Voici le texte qui a servi de prédication lors du culte des jeunes à St-Sulpice le dimanche 26 janvier. Peut-être devrais-je dire qu'il s'agit simplement du "script", car il perd son côté vivant quand il est lu sans être joué. La suite de l'histoire est en préparation pour le culte du 22 février à Môtiers et du 23 février à La Côte-aux-Fées. Je m'y déguiserai un peu autrement.)


Luc 19,1-10
1Après être entré dans Jéricho, Jésus traversait la ville. 2Il y avait là un homme appelé Zachée ; c'était le chef des collecteurs d'impôts et il était riche. 3Il cherchait à voir qui était Jésus, mais comme il était de petite taille, il ne pouvait pas y parvenir à cause de la foule. 4Il courut alors en avant et grimpa sur un arbre, un sycomore, pour voir Jésus qui devait passer par là. 5Quand Jésus arriva à cet endroit, il leva les yeux et dit à Zachée : « Dépêche-toi de descendre, Zachée, car il faut que je loge chez toi aujourd'hui. » 6Zachée se dépêcha de descendre et le reçut avec joie. 7En voyant cela, tous critiquaient Jésus ; ils disaient : « Cet homme est allé loger chez un pécheur ! » 8Zachée, debout devant le Seigneur, lui dit : « Écoute, Maître, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai pris trop d'argent à quelqu'un, je vais lui rendre quatre fois autant. » 9Jésus lui dit : « Aujourd'hui, le salut est entré dans cette maison, parce que tu es, toi aussi, un descendant d'Abraham. 10Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. »

Narrateur : Le lendemain, dans la même ville, un touriste coréen écrit ses impressions de voyage.
(Entrée d'un touriste coréen)
Je suis là, je suis là. Ah, les chameaux ne sont pas encore prêts ? Combien ? 5 minutes ? Ben… alors, j’aurai le temps de noter ce qui s’est passé hier. Il faut que je l’écrive.
On est le troisième jour après la deuxième pleine lune, et c’est le quinzième jour de voyage en Israël.
Donc… Entrée dans la ville de Jéricho particulièrement compliquée. Notre guide-interprète avait l’air drôlement embêté par les péagers. Oui, j’ai dû prendre un guide-interprète parce que la langue qu’on parle ici, pour moi c’est de l’hébreu. Il y avait aussi un gros bouchon à cause de l’affluence des chameaux. Je me suis dit : « Chouette, s’il y a autant de monde, c’est que ça doit être un coin touristique renommé ».
Le programme du jour était : un peu de shopping d’abord – c’est quand même important – avant d’aller voir les vestiges des murailles tombées au temps de Josué.
Tout est cher ici ! La ville prélève énormément d’impôts et de taxes sur tout, mais l’installation et l’entretien de la ville sont plus que médiocres. Je me demande ce qu’ils font de tout cet argent. C’est à croire qu’ils s’en mettent plein les poches.
Notre guide-interprète nous avait promis de nous conduire à la meilleure boutique de Jéricho, mais là, la rue était inondée de gens. Impossible d’avancer sans bousculer les autres. Impossible de rester en groupe. A un moment donné, je me trouve seul. Je panique !
J’allais crier pour retrouver mon groupe, mais à ce moment-là, un grand bruit éclate dans la foule. Et tout le monde se met à bouger dans la même direction. Je ne comprends pas ce qui se passe, et je ne vois rien. Les gens d’ici sont tous plus grands que moi !
Alors, j’aperçois un arbre pas très loin. Je grimpe pour voir où est mon groupe, où est notre guide-interprète. Mais là-haut, je me trouve en face d’un autre homme, pas quelqu’un de mon groupe, mais un autochtone. Point commun : nous sommes petits tous les deux. Différence : je suis complètement désespéré, lui, il semble espérer quelque chose.
Je monte un peu plus haut que lui pour voir mieux. Tout à coup, c’est le calme. Je veux saisir l’occasion pour crier, mais, une voix me retient. Au centre de la foule, quelqu’un a levé les yeux pour s’adresser à ce petit homme. Celui-ci descend de l’arbre comme s’il tombait.
J’ai d’abord pensé qu’il s’était égaré de son groupe comme moi et qu’il avait retrouvé son guide. Mais non. Quand mon groupe s’est enfin retrouvé après une longue journée de galère, notre guide-interprète nous a raconté ce qui s’était réellement passé. L’homme que j’ai rencontré en haut de l’arbre était un homme détesté par toute la population de la ville. Notre guide-interprète l’appelait de tous les noms possibles : « pourriture », « ordure », etc. Il nous racontait tout ça, parce que selon lui, cet homme avait complètement changé d’un instant à l’autre. Si j’ai bien compris, après un dîner. Peut-être devrais-je faire plus attention à ce que je mange ici.
Bon, j’ai du mal à comprendre qu’une personne change du jour au lendemain, surtout quand il s’agit de la bonne direction. Notre guide-interprète me dit qu’il était aussi du même avis, surtout avec cet homme qu’il traitait de tous les noms. Mais il avait l’air persuadé que c’était finalement possible.
Oui ? Ah, les chameaux sont prêts à partir ! Deux secondes, et j’arrive !
Bon, je vais écrire le reste demain. Ah, je note quand même un détail pendant que j’y pense : quand j’ai retrouvé le guide-interprète hier soir, il était dans un état… Le petit homme sur l’arbre lui aurait remboursé une sacrée somme d’argent. Le guide-interprète était tout heureux. Et depuis, il nous raconte plein d’histoires concernant l’autre homme au milieu de la foule. Oui, celui qui s’est adressé au petit homme sur l’arbre. Je me demande bien qui c’est, et ce qui a bien pu se passer entre eux.
Oui, oui, j’arrive !

mardi 21 janvier 2014

Religions en Corée du Sud

La semaine dernière, "A vue d'esprit", un des programmes religieux de la radio suisse romande, s'est intéressé aux religions en Corée. Intitulant la série "En Corée du Sud, dans le chaudron des religions", elle a consacré cinq émissions respectivement aux :
Si vous avez envie d'écouter les émissions (auxquelles Julie avait donné un grand coup de main lors de son voyage en Corée en novembre dernier), il suffit de cliquer sur la liste de liens (sur le site de l'émission, cliquez sur "écouter"). En ouvrant ce lien, vous ouvrirez aussi une fenêtre sur ce pays où on n'a pas peur ni honte de parler des sujets religieux, sobrement, passionnément, amicalement autour d'un verre...

"Hautes fréquences", un autre programme religieux de la RTS, revient sur l'essentiel de l'émission du 14 janvier. Un invité coréen essaie d'y apporter un peu plus de nuances. Si vous avez envie de l'écouter, cliquez ICI ("Le triomphe ambigu du christianisme coréen").

(photo : Hunjeong CHO, pasteur coréen de l'Eglise Hyang-lin, engagée dans l'action sociale, la réconciliation avec le Nord et la réforme du protestantisme coréen. On l'entend dans l'émission du 17 janvier.)

samedi 18 janvier 2014

Le Christ est-il divisé ?

La semaine de prière pour l'unité des chrétiens commence aujourd'hui. Organisée depuis 1908, elle a lieu traditionnellement du 18 (fête de la Chaire de Pierre à Rome) au 25 janvier (fête de la conversion de Paul) dans l'hémisphère nord (elle a lieu à la Pentecôte dans l'hémisphère sud).
Cette année, ce sont les Eglises au Canada qui proposent le thème, et elles ont choisi la question que l'Apôtre Paul avait posée à la communauté de Corinthe : "Le Christ est-il divisé ?" (1 Co 1,13). Elles nous invitent ainsi à reconnaître l'unité déjà réelle des chrétiens en Christ. La division tout aussi réelle de nos Eglises est ainsi portée dans nos prières dans la repentance et l'espérance.
La célébration œcuménique de la paroisse du Val-de-Travers a lieu cette année au temple des Verrières le dimanche 19 janvier. Il s'agira d'un culte de l'Eglise réformée que les participants sont invités à vivre ; le prêtre de la paroisse catholique romaine apportera une prédication (l'année prochaine, les rôles seront inversés).
Vous pouvez consulter le livret préparé pour cette célébration en cliquant ICI. Il reprend plusieurs textes, intégralement ou partiellement, proposés par l'équipe interconfessionnelle des Eglises au Cadada. Si vous avez envie de découvrir leur proposition plus amplement, cliquez ICI.

dimanche 12 janvier 2014

Stan et Karl sont arrivés !

Nous vous avions annoncé la prochaine venue de Stan et Karl, "un duo extraordinaire de deux animaux extraordinairement ordinaires".



Nous avons le grand plaisir de vous annoncer qu'ils sont arrivés.
Leurs aventures peuvent donc commencer !
Vous pourrez trouver leurs histoires sur ce site régulièrement (espérons-le).
En attendant le premier épisode qui sera mis en ligne un de ces quatre,
voici un coup d'œil sur leur look.

A tout bientôt !

(Stan et Karl côte à côte)

(Stan)

(Karl)

samedi 16 novembre 2013

Busan, c'est fini, mais le pèlerinage commence

(Voici un message que la 10e assemblée du COE adresse aux Eglises. Cette traduction française est la version non-officielle faite par Julie, revenue de Busan, pleine de souvenirs - spirituels et matériels -, d'enthousiasmes et de perspectives. Vous pouvez télécharger le document original en anglais en format pdf en cliquant ICI.)




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Message de la 10ème Assemblée du Conseil Œcuménique des Eglises
Entrez dans le pèlerinage de justice et de paix

C’est l’effet de la bonté profonde de notre Dieu :
grâce à elle nous a visités l’astre levant venu d’en haut.
Il est apparu à ceux qui se trouvent dans les ténèbres et l’ombre de la mort,
afin de guider nos pas sur la route de la paix.
(Lc 1,78-79)

Chères Sœurs, chers Frères, nous vous saluons au nom du Christ.
1. Nous nous sommes rassemblés en République de Corée pour la 10ème Assemblée du Conseil œcuménique des Eglises (du 30 octobre au 8 novembre 2013). Venus des 345 Eglises-membres de la communauté et d’organisations partenaires du mouvement œcuménique, nous nous sommes unis dans la prière, nous avons partagé des nouvelles des communautés locales, et nous nous sommes laissés profondément toucher par des messages forts de souffrance et d’espérance. Nous sommes reconnaissants d’avoir pu rendre publiques un grand nombre de déclarations qui nous engagent. Notre pèlerinage commun s’est esquissé sur le thème « Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix ».
2. Dans la ville de Busan, nous avons marché ensemble sur un chemin de transformation – nous prions qu’en nous laissant nous-mêmes transformer, Dieu fasse de nous des instruments de sa paix. Beaucoup d’entre nous ont voyagé jusqu’à d’autres régions de la Corée où nous avons été témoins des blessures ouvertes d’une société déchirée par le conflit et la division. Nous avons perçu combien la justice est nécessaire à la paix ; combien la réconciliation est nécessaire à la guérison ; et combien la conversion du cœur est nécessaire pour que le monde trouve sa plénitude ! Nous avons été encouragés par les Eglises actives et engagées que nous avons rencontrées ; leur travail porte du fruit en abondance.
3. Nous partageons notre expérience de la recherche de l’unité en Corée comme un signe d’espoir dans le monde. Ce n’est pas le seul pays où le peuple vit divisé, entre pauvreté et richesse, bonheur et violence, bien-être et guerre. Nous n’avons pas le droit de fermer les yeux sur ces réalités cruelles et de nous reposer de notre œuvre de transformation. En tant que communauté, le Conseil Œcuménique des Eglises affirme sa solidarité avec le peuple et les Eglises de la péninsule coréenne, et avec toutes celles et tous ceux qui désirent et œuvrent à la justice et la paix.
4. Dieu, notre Créateur, est la source de toute vie. Dans l’amour de Jésus Christ et par la grâce de l’Esprit Saint, nous, en tant que communion des enfants de Dieu, avançons ensemble vers l’accomplissement du Royaume. Cherchant la grâce de Dieu, nous sommes appelés, dans notre diversité, à être de justes administrateurs de la création de Dieu. C’est la vision du Ciel nouveau et de la Terre nouvelle, où « Christ sera tout en tous » (Eph. 1,23).
5. Nous vivons dans un temps de crise mondiale. Nous sommes confrontés à des défis économiques, écologiques, socio-politiques et spirituels. Dans les ténèbres et l’ombre de la mort, dans la souffrance et la persécution, comme le don d’espérance offert par le Seigneur Ressuscité est précieux ! Par la flamme de l’Esprit qui brûle dans nos cœurs, nous prions le Christ d’illuminer le monde : que sa lumière fasse de nos êtres tout entiers des instruments de compassion pour toute la création, et qu’il nous donne le courage d’affirmer que chaque être humain a été créé à l’image de Dieu. Ecoutant des voix qui viennent bien souvent des marges de nos sociétés, partageons des leçons d’espoir et de persévérance. Engageons-nous à nouveau à travailler pour la libération et à agir en solidarité les uns avec les autres. Que la Parole de Dieu, qui nous illumine, nous guide sur notre chemin.
6. Nous voulons avancer ensemble. Remis en question par les expériences partagées à Busan, nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à mettre les talents qu’ils et elles ont reçu de Dieu au service d’actions transformatrices. 
Cette Assemblée vous appelle à rejoindre notre pèlerinage.
Que nos Eglises deviennent des communautés de compassion et de guérison, et que nous semions la graine de l’Evangile afin que la justice croisse et que la profonde paix de Dieu repose sur le monde.
Heureux ceux qui observent le droit
et pratiquent la justice en tout temps !
(Ps 106,3)
Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix !

(traduction non-officielle, 16.11.2013 / jp)